Maître et chien, un tandem en symbiose

Maître et chien, un tandem en symbiose

GUIDAGE

Plus qu’un animal de compagnie, le chien-guide permet à la personne atteinte de déficience visuelle d’affronter les pièges du quotidien. Confiance et complicité sont les deux valeurs qui unissent cette équipe de choc.

Certes, les chiens-guides, ces compagnons à quatre pattes, guident les personnes malvoyantes ou non voyantes, mais ils leur apportent tellement plus. « Mon chien Frenchy m’a permis de reprendre confiance en moi et d’acquérir une certaine autonomie. Grâce à lui, j’ai d’ailleurs repris mes études », confie Tom Raybaud, un Orléanais de trente ans atteint de déficience visuelle depuis son plus jeune âge et président de l’Association des chiens-guides d’Orléans (ACGO).

Tout comme Gisèle Bouvier, présidente de l’Asso- ciation Valentin Haüy du Loiret, qui en 1993 prend la décision d’avoir un chien lorsqu’elle prend ses fonctions dans l’enseignement. « J’allais être davantage sédentaire et me demandais com- ment marcher sans canne blanche », explique- t-elle. Aujourd’hui, à travers son association, elle lutte pour le droit et l’amélioration du quotidien des personnes aveugles.

Une complicité à toute épreuve

Les chiens peuvent également être dressés pour répondre aux problématiques liées à d’autres formes de handicap. Dans tous les cas, ils per- mettent une aide technique mais aussi un soutien moral et affectif. Chiens d’assistance, lorsqu’ils sont destinés aux personnes à mobilité réduite, on les appelle en revanche chiens d’éveil quand ils assistent des enfants atteints de troubles du spectre autistique (TSA), de trisomie ou de poly- handicap.

Le rapport qui lie le tandem maître-chien reste pourtant difficile à définir. « Ma relation avec Frenchy est bizarre à expliquer, confirme le président de l’ACGO. Je nous compare souvent à un vieux couple avec notre complicité et nos engueulades. » Quant à Gisèle Bouvier, elle définit sa relation « comme une osmose, une forme de télépathie. Parfois, quand je lui parle, on dirait qu’il comprend ».

Notre chien de bataille

De leur handicap, Tom Raybaud et Gisèle Bouvier ont choisi de faire une force afin de vaincre des préjugés qui ont souvent la vie dure. Il est difficile de se rendre compte des défis qu’une personne non voyante doit relever chaque jour : les voitures garées sur les passages cloutés, les poubelles au milieu des trottoirs… « J’en ai fait mon che- val de bataille ! Je veux lutter contre l’incivilité et permettre l’accessibilité partout », déclare Tom Raybaud.

Même combat pour Gisèle Bouvier : « À travers cette association, je veux également montrer que nous ne sommes pas des assistés, et qu’avec de la volonté nous pouvons faire comme les autres. »

Angeline Foulard

ÉVÈNEMENT

Le 23 avril, se déroulera la 2e édition de « Des chiens pas comme les autres ». Placée sous le signe des chiens-guides, cette journée sensibilisera le public au handicap visuel. Retrouvez, place de Loire à Orléans, les différentes associations au service des personnes malvoyantes, une école de chiens-guides, des démonstrations canines, des parcours de mise en situation…

Lire avec ses doigts

La médiathèque départementale du Loiret dispose de fonds documentaires adaptés aux publics handicapés. Elle met également en place des actions de sensibilisation spéci ques grâce à l’aide de Juliette Juvigny, ingénieure documentaire : « nous proposons des ateliers de mises en situation. La personne met des lunettes qui la plongent dans le noir. puis elle doit lire avec ses doigts des livres tactiles. »

http://mdl.loiret.fr

Loiret mag - Mars / Avril 2016

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